La Bataille de Tolentino > Joachim Murat

Casa di Gioacchino MuratJOACHIM MURAT Joachim Murat nacquit à la Bastide Fortunière, en France, le 25 mars 1767; il était fils d'un hôtelier et semblait être destiné à une carrière ecclesiastique, mais il s'enfuit du séminaire et entreprit la carrière militaire où il se distingua tout de suite par ses capacités de cavalier et par son aspect guerrier. Après un debut malchanceux, provoqué par un acte d'insubordination, sa carrière militaire fut rapide et pleine de gloire; le 8 février 1793 il fut nommé dans la Garde Nationale; au mois d'avril 1793 il devint capitaine et puis aide de camp de Napoléon avec le degré de général de brigade (mai 1796). Il fut avec Bonaparte dans le campagne d'Egypte et, après le succès obtenu dans la bataille d'Aboukir (1799), où il se distingua soit par son audace dans le combat soit par ses capacité tactiques, il fut nommé général de division. Le 2 décembre 1799, après l'election de Napoléon à Premier Consul et après l'avoir défendu pendant les journées de Brumaio contre le Conseil des Cinquecent, Murat fut nommé commandant en chef de la Garde Consulaire. Même si au début il ne fut pas bien accueilli par Napoléon, le futur roi de Naples entra dans la famille Bonaparte le 20 janvier 1800, épousant la belle Caroline (Marie Annunziata), sœur de Napoléon. Il eut l'opportunité de montrer encore son courage et ses capacités d'entraîneur dans le nombreux combats de 1800 en Italie, surtout dans la bataille de Marengo (14 juin 1801). Une année après son mariage (21 janvier 1801) il devint père d'Achille-Charles-Louis-Napoléon et à la fin de la même année il arriva à la charge de général en chef qu'il désirait depuis longtemps. Le 25 avril 1802 sa fille Marie-Laetitia-Josephine-Annunziata naquit; le 16 janvier 1803, à Milan, avec la naissance de Lucien-Napoléon-Charles-François, il devint père pour la troisième fois. Quand il revint en France, après avoir été acclamé par tout le monde dans sa ville natale, La Bastide, il fut nommé Gouverneur de Paris et commandant des armées de la Première Division Militaire et de la Garde Nationale; au mois de mai 1804 il devint maréchal et puis grand amiral de l'Empire. Le 22 mars 1805 Napoléon donna à sa sœur Caroline l'Elysée pour la naissance de sa quatrième fille, Louise-Julie-Caroline; dans la même année Murat eut l'opportunité de se distinguer dans la campagne de Prussie, qui arriva à son comble avec le succès d'Austerliz (2 décembre 1805), et qui se termina victorieusement par la paix de Presburg. Cette campagne mit en évidence tous les défauts et toutes les qualités du futur roi de Naples; ses erreurs tactiques et ses décisions impulsives mirent à risque le succès final de la campagne, mais son audace et sa capacité de guider les hommes en bataille lui permirent d'être définitivement considéré un maître de cavalerie. Grâce à l'importance de ses victoires, le 15 mars 1806 son beau-frère Napoléon lui conféra les duchés de Clèves et de Berg.
Gioacchino Murat Dans les derniers quatre mois de l'an 1806 Murat eut encore la chance de montrer ses capacités d'entraîneur au cours de la campagne de Prussie. A Jena les charges inarrêtables de sa cavalerie broyèrent l'armée prussienne et de courageux stratagèmes à Stettino permirent la capitulation de la garnison. Désormais la Prussie, qui était sans une armée, ne donnait pas de préoccupations à Napoléon, mais l'armée russe qui s'approchait le contraignit à entreprendre une nouvelle campagne. Après la glorieuse entrée à Varsovie (28 novembre 1806) et quelques victorieux combats de cavalerie on arriva à la bataille d'Eylau (8 février 1807) où le futur roi de Naples conduisit la plus imposante et la plus célèbre charge de cavalerie (Napoléon à la fin du combat déclara que la bataille avait été vaincue par Joachim Murat). A la fin de la campagne de Pologne, l'Europe entière était désormais aux pieds de Napoléon, mais Murat devait encore attendre pour choisir une couronne. Après le Traité de Tilsit la situation dans l'Europe du Nord était tranquille, mais on prévoyait que la péninsule iberique serait le théâtre de nouveaux combats. En 1807 le Portugal fut conquis par les armées françaises du maréchal Junot; le 27 février 1808 Murat dépassa la frontière avec l'Espagne; le 10 mars il prit Victoria et le 16 il se rendit à Aranda.
Gioacchino Murat Le 23 mars 1808 l'armée française entra à Madrid dans l'espoir d'être considerée comme "libératrice", mais elle fut attaquée par le peuple, parce que les Français protégeaient l'odieux Godoy (un des ministres du roi d'Espagne, Charles IV, qui avait réussi à se réfugier en France). Le 2 mars les desordres commencèrent dans toute la ville de Madrid et les Français parvinrent à s'en emparer seulement le soir, après de durs combats; le 5 mai 1808 les Français et les Espagnols signèrent le Traité de Bajona, qui termina la campagne espagnole de Murat. Par sa lettre du 2 mai Napoléon offrit à son beau-frère la possibilité de choisir entre devenir roi de Naples ou roi du Portugal, détruisant l'espoir de Murat d'obtenir la couronne d'Espagne, qui fut donnée par Napoléon à son frère Joseph Bonaparte, qui ne la désirait pas. Le 5 mai 1808 Murat accepta de devenir roi de Naples à la place de Joseph Bonaparte; ce fut ainsi qu'un garçon d'écurie - fils d'un hôtelier - fut proclamé roi de Naples le 1er août 1808 avec le titre officiel "Joachim Napoléon, par la grâce de Dieu et la Constitution de l'Etat, roi de Deux Siciles et Grand Amiral de l'Empire". En bon général, de même que en souverain et en combattant, Murat , avant tout , réorganisa son armée sur le modèle de l'armée française, soit dans la structure soit dans les armements, puis il effectua des réformes législatives de la plus grande importance: en 1809 le "Code de Napoléon" et le "Code de Commerce Français", en 1812 le "Code Pénal"; de nouveaux tribunaux, des cours et des bureaux du registre furent créés. Gioacchino Murat
Murat devoua une large somme annuelle à ses œuvres publiques et institua le "Corps des ingénieurs des ponts et des rues" qui devait les réaliser . Il acheva aussi l'abolition des privilèges féodaux et favorisa la formation d'une bourgeoisie terrienne et de marchands. Les rélations entre l'Empereur et Murat n'étaient pas heureuses parce qu'il y avait des désaccords causés par l'enthousiasme que le roi de Naples montrait pour l'indépendence de la péninsule italienne. Napoléon lui demanda de commander la grande réserve de la cavalerie de l'armée française dans la campagne de Russie et Murat se demontra, encore une fois, loyal envers son beau-frère. Il rejoignit la Grande Armée à Thorn le 3 juin 1812 et combattit à Ostrowno, où, à la fin de la bataille, les pertes des Français étaient 187 contre quelques milliers de Russes. Après les premiers combats, l'armée russe se retira et n'accepta plus le combat face à face; de cette façon, Napoléon ne savait plus s'il devait s'arrêter et organiser ses positions, attendant la fin de l'hiver, ou s'il devait avancer jusqu'au dernier combat. Après avoir laissé reposer ses hommes et ses chevaux quelques jours, le 8 août il recommença à avancer et, pendant cette période, il n'y eut que de modestes combats. Enfin, le 7 septembre, la Grande Armée arriva en face de l'armée russe et, encore une fois, Murat démontra son courage dans la bataille de Borodino. Le matin après la bataille l'armée russe était déjà en retraite et l'armée française en profita pour se concéder une journée de repos.
Gioacchino Murat Ce fut Murat qui entra à Moscou sans être dérangé: il dut suivre l'armée russe et puis rentrer au Kremlin où l'Empereur l'attendait dans une ville qui brûlait depuis trois jours. Les Français, qui avaient attendu des attaques directes, commencèrent à subir les terribles charges des Cosaques; la lente et difficile retraite de l'armée impériale commença; elle se termina par une totale défaite à cause du terrible hiver russe. Napoléon laissa le commandement de la Grande Armée à Murat, qui se rendit compte de l'impossibilité de résoudre la situation; pour cette raison, Murat rentra à Caserte le 31 janvier 1813 et, puis, à Naples le 4 février. Il y eut alors une autre période de rapports difficiles entre Napoléon et son beau-frère; Murat chercha à sauver son trône par des négociations de paix avec les Autrichiens, mais il n'aboutit à aucun résultat à cause de ses excessives prétentions. Au risque de rester isolé, il décida de atteindre l'Empereur en Allemagne et de combattre à nouveaux à côté de lui, après la rupture de l'armistice. Le 26 et le 27 août 1813 il combattit à Aresda et le 18 octobre à Leipzig, mais vers la fin du mois d'octobre il laissa son beau-frère, qu'il n'aura plus la chance de revoir, pour se rendre à Naples et vérifier l'opportunité de s'allier avec les Autrichiens et les Anglais. Murat voulait réunir l'Italie sous un seul roi, mais afin de réaliser ce rêve il devait avoir l'appui et l'aide de tous les autres pays, sans perdre, en même temps, ses contacts avec les patriotes. Le 11 janvier Murat signa la Convention de Naples avec le général Neipperg, qui répresentait l'Autriche; par cette convention Murat mettait à disposition 30.000 hommes et obtenait pour ses descendants la souveraineté sur les territories qu'il possédait en Italie.
Gioacchino Murat Les intentions du roi de Naples dans cette période n'étaient pas claires: il espérait être officiellement reconnu par l'Autriche, mais, en même temps, il ne perdit pas ses contacts et il continua à chercher à faire de l'Italie un seul état. Après la défaite de Napoléon et la prise de Paris, le roi de Naples, qui pourtant s'était battu contre l'armée française, n'était plus considéré comme un allié puisque le Congrès de Vienne était en train de restaurer toutes les monarchies européennes. En 1815, Murat était isolé, car il n'avait pas obtenu la permission de passer, avec son armée, par le térritoire de l'Autriche. Quand Napoléon débarqua à Cannes (après avoir laissè l'île d'Elbe où il était en exil), Murat, prévoyant que l'Autriche favoriserait le retour des Bourbons à Naples, décida que c'était à lui de libérer l'Italie. Cette idée semblait difficile à réaliser et précoce, aussi, parce qu'il n'avait pas l'appui des pays européens, et que le peuple italien n'était pas encore prêt pour cela. Toutefois, Murat était bien décidé et était soutenu par une armée de 40.000 hommes environ (qui n'avaient pas tous une grande expérience)et par des généraux très expérimentés: Lechi, Pepe, D'Ambrosio, Pignatelli; de cette façon, Murat commença la conquête de l'Italie du Nord. Le 27 mars il y eut un premier combat contre l'armée autrichienne et le 30 mars 1815, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, un document, la Proclamation de Rimini, exalta l'unité d'Italie et exhorta les Italiens à se battre afin d'atteindre ce noble objectif.
Gioacchino Murat a Pizzo di Calabria Le 3 avril Bologna fut prise, et puis Cento et Ferrara, mais l'armée de Murat ne réussit pas à conquérir Occhiobello, et les troupes qui occupaient la Toscane furent défaites. Murat fut,donc, obligé à se retirer et le 29 avril il arriva à Ancône. Il décida de se battre à Tolentino, parce que c'était l'endroit où l'on pouvait éloigner le plus possible les deux armées autrichiennes qui le poursuivaient afin de les battre leur faisant face une à la fois, comme la tactique de Napoléon dictait. A cause des combats et des désertions l'armée napolitaine n'avait que 15.000 hommes affamés et fatigués, et l'armée autrichienne, qui était commandée par le baron de Bianchi, 12.000 hommes. Le 2 et le 3 mai les communes de Tolentino, de Monte Milone (aujourd'hui Pollenza) et de Macerata virent la bataille entre les deux armées, qui se termina par la retraite de l'armée napolitaine et par la fin du rêve de Murat d'atteindre l'indépendance d'Italie.
Gioacchino Murat Le 18 mai Murat était à Naples, mais il fut obligé à la laisser tout de suite; il arriva à Cannes le 25 mai et apprit qu'il n'était plus le roi de Naples. Après le défaite de l'armée française à Waterloo, il fut obligé à voyager incognito à travers la France et, après une longue et difficile traversée, le 25 août il arriva à Bastia (Corse). Il apprit la nouvelle (sans fondement et ayant le but de le tromper) que la situation à Naples était favorable à son retour; la nuit entre le 28 et le 29 septembre il laissa la Corse partant de Ajaccio. Après une tempête, seulement deux des six bateaux qui devaient gagner la Campanie réussirent à débarquer à Pizzo di Calabria. Le long de la route qui conduit à Monteleone, après un bref combat, Murat et les officiers qui lui étaient encore fidèles furent pris et renfermés dans le château de Pizzo. Murat subit un procès de la part d'une Commission Militaire et fut condamné à être fusillé: le 13 octobre 1815, dans le château de Pizzo di Calabria, un de plus ardents et de plus courageux cavaliers dans l'histoire d'Italie mourut, abattu par six boules de fusil. Mais à Naples le "Murattismo" resta jusqu'en 1861, c'est-à-dire jusqu'au moment où le rêve de Joachim fut réalisé: l'unité et l'indépendance d'Italie. Pour démontrer le charme que ce personnage eut pour les patriotes italiens, il suffit de nous rappeler que Giuseppe Garibaldi, quand il remonta l'Italie en 1860 après le débarquement des Milles, rendit hommage à la memoire de Murat à Pizzo di Calabria et donna à une de ses chères amies, la marquise Pepoli, arrière-petite-fille de Joachim, une des boules qui avait tué Murat. "Je vous envoie - il écrivait - la boule qui ôta aux hommes le plus courageux des courageux, le vainqueur de la Moscowa, Murat, roi de Naples".
Fucialzione di Gioacchino Murat

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